Ecritoires d’Adryem











{3 juillet 2008}   Il n’y a rien, tant, que j’aime…_16 janvier 2006.

Music is most welcome in my house. J’écoute tout, et n’importe quoi, mais certaines choses en particulier éveillent dans mon esprit des songes. Et d’autres choses y produisent des événements cosmiques.

Parmi ces dernières, il y a … Le Stabat Mater de Pergolese, ah, ces voix de rhodocrosithe et de feldspath qui s’entrecroisent et tissent leurs mélancolies et leurs souffrances, se nourrissant l’une l’autre… Pures comme du cristal, dures comme de l’acier. Ce duo me fait fondre, presque autant que des poèmes de Yeats en V.O. Il y a aussi le Requiem de Mozart ( Dies Irae ! Yess ! ). Et le Stabat d’Arvo, évidemment. Ah, la première fois que je l’ai entendu, secrètement, dans mon walkman, j’ai oublié le froid, oublié le fait que je n’avais ni gants ni écharpe, oublié que j’avais encore vingt minutes d’attente avant que mon bus du soir arrive, et je me suis arrêtée de trembler. Au début, les violons m’ont prise au piège, j’ai cru pendant cinq minutes qu’il n’y avait rien à attendre d’autre de ce morceau. Et puis, les voix… Oh, ma Déesse ! Cela m’a prise au coeur et m’a presque cassée en deux. Ce fut soudain, et extatique. Cette musique est traîtresse, elle alterne les vides et les surcharges. Depuis, je m’en méfie, et je ne l’écoute qu’avec la plus grande des circonspections.

Il y a aussi ce Miserere à 9 voix, qui s’est retrouvée par je ne sais quel miracle sur mon baladeur, et dont je suis fort marrie de ne connaître ni l’auteur ni les interprètes. Ce morceau m’a fait pleurer au milieu d’un RER bondé. Quelle voix, mes aïeux, que cette soprano hardie montant à l’assaut des cieux !

La Sarabande de Haendel. Impossible de ne pas penser au cortège funèbre dans Barry Lindon, de Stanley Kubrick. Cette musique me colle des frissons. Et j’aime ça !

Le Kyrie de Fauré. Entêtant, obstiné, avançant droit vers son but sous ses airs de ne pas y toucher.C’est une musique qui fait semblant de reculer pour mieux sauter et vous prendre à la gorge.

Un que je n’aime pas le moins du monde, et qui me filerait presque des boutons, c’est Vivaldi. Son Stabat est misérable et répétitif au possible, ses Quatre saisons sont mièvres, sans saveur, sans la moindre note qui me fasse frémir. Si vous voulez casser une transe entamée par moi sur du classique, mettez-moi le printemps de Vivaldi à fond dans les oreilles. Par contre vous risquez de vous prendre une baffe, et vous l’aurez bien mérité !

Parfois, je me fais plaisir, et je passe deux ou trois heures allongée par terre dans mon salon, dans le doux froissement d’une de mes tenues rituelles ou de ma cape bleue, et je passe du classique en lecture aléatoire sur mon pc. Après avoir soigneusement vérifié qu’aucun morceau de Vivaldi n’y traîne, cela va de soi.

Je suis une femme folle, en vérité, folle de musique à en mourir. Parfois, j’ai l’impression que j’ai de fortes affinités avec ce psychopathe de flic pourri dans Léon, le film de Luc Besson. Ce psychopathe-là, oui, joué par Gary Oldman. Celui qui se shoote à Beethoven. Quant à parler d’Orange Mécanique, de Stanley Kubrick… Ca peut paraître complètement dément, mais quand j’écoute leurs discours incohérents sur la musique, je les comprends. Parce que je les ressens.

Mais il n’y a pas que le classique, loin de là. Musique celtique, musique techno ( enfin, pas toutes, justes celles qui ont “ce truc en plus” qui me fait partir en transe berserker directement ==> ex : Dread Rock, d’Oakenfold, ou Alarma 666. ) Musique métal, aussi. Rhapsody n’a plus le même effet que quand j’ai commencé à en écouter, il y a quelques années, mais c’est toujours intéressant. Marylin Manson, ouais, je m’y mets peut à peu.

Et Nine Inch Nails, j’adoooore !

Je n’ai jamais compris pourquoi mes camarades de classe, de lycée, d’université, n’ont jamais compris pourquoi j’éprouvais une quelconque inclination envers la musique classique. Ils ont essayé de me convaincre que c’était de la musique de vieux, de la musique de ringards. Tout comme ils ont essayé de me détourner de ces loisirs pervers consistant à lire Citadelle, de St Exupéry, ou la Légende des Siècles, de Hugo, dans la cour du collège. Je n’ai jamais compris l’absence de la moindre étincelle d’intérêt dans leurs yeux envers ces merveilles disposées là pour eux, attendant qu’on les trouve.

Aujourd’hui, je suis fort heureuse d’avoir eu ces travers dans mon âge tendre. Et je ne regrette rien. Elitiste, moi ? Sans doute, un peu. Mais veuillez m’excuser, braves gens, j’ai des circonstances atténuantes. Il y a trop de bons auteurs dans ce monde, que ce soit en musique ou en littérature, pour que je ne me brise pas les sens à en savourer les moindres créations.

It must be a illness of some kind, but the fact is, I do love it.



{3 juillet 2008}   Activation de l’Atrium_25 Février 2006.

L’Atrium est l’une des dernières pièces que nous avons mises en place, le Vieux et moi. ( le seul ajout ultérieur fut l’Observatoire, et ce lieu-là ne fut pas dicté par l’Art, mais par la nécessité. Sans majuscule. Ce qui place ces deux endroits dans des sphères totalement différentes.)
L’Atrium, c’est du Grand Art, une pièce centrale de la demeure, et grande ouverte sur le ciel. La première fois que je m’y suis tenue, entre terre brune et ciel nocturne, après son activation, j’ai pleuré. La Maison s’éveillait, s’étirait, l’Art était à l’oeuvre, et un profond sentiment d’accomplissement étreignit soudain mon coeur. Je me tenais debout au milieu de ce pourquoi j’avais lutté et décidé de donner un sens à mon passage. J’ai regardé autour de moi. Les herbes hautes, le petit chemin de terre bordé de roches volcaniques, et le bassin de pierre, les eaux claires de la source. Les branches du noisetier balancées par la douce brise. Le noir d’encre du firmament piqueté de paillettes d’or qui étaient ou avaient été des astres. Le rayon de Lune si esthétiquement ajusté, tombant en droite ligne, caressant l’onde et l’air. Incidemment, au hasard de toutes ces choses ( ce même hasard qui n’existe point ), j’ai croisé le regard du Vieux. Si brillant, si fier, si visiblement ému. Et tout soudain le temps s’est arrêté.

Et ce lieu déjà si full of grace, full of… memory, s’est condensé autour de moi. Et le battement des ailes de tous les oiseaux de nuits, prédateurs ou proies, et le murmure de toutes les gouttes d’eau dans le bassin à mes pieds, et tous les souffles du vent dans les feuilles - comme autant de respirations amples et profondes -, tout cela se confondit et sembla se solidifier, entama une danse à la fois immobile et ascendante, millénaire et toute neuve.

Et, l’espace d’un instant, j’entendis ce que chantaient le vent, le ruisselet et les oiseaux de nuit, les branches de noisetier et le petit chemin de terre. Cela, et beaucoup davantage : les étoiles psalmodiaient, dans le silence sépulcral du temps arrêté, des mots que je comprenais ; et la Lune, au milieu, disait des choses sur un ton qui tenait à la fois du rêve et du rire. C’était comme si chaque infime parcelle de l’univers s’était dotée d’une voix qui célébrait inlassablement son essence, et toutes ces voix conjuguées étaient si poignantes, si fortes, que je me mis à vibrer à mon tour, chantant de tout mon être, ressentant, avec l’intensité de la folie, que je n’étais que cela, rien que cela…

Je n’étais rien qu’un mot, un simple mot prononcé par le ciel, par le clair de Lune, par l’univers tout entier. Un mot terriblement puissant, inclus dans une musique plus puissante encore.

J’ai pleuré de joie à cet instant-là, le front ceint de cette Nuit que j’aime à en mourir, les yeux pleins d’eaux abyssales et le coeur pétri d’une émotion que je n’ose encore nommer à l’heure où j’écris. Puis, les mains du Vieux furent sur mes joues, recueillant du bout de ses doigts interminables mes larmes, et du même mouvement ample, délié, minutieux ( aussi efficace qu’en combat, torsions de poignets, lame assassine… ), les siennes, sur son propre visage. Il les conserva au creux de sa paume, et m’adressa un regard, le plus désarmant que j’ai jamais vu venant de lui.

- Une larme chargée comme celles-ci sur le sol, me dit-il, et c’en est fini de notre bel équilibre. Tout serait rompu, irrémédiablement détruit. Ce serait dommage. N’allons pas tout gâcher au dernier moment en relâchant notre contrôle, tous les deux. N’importe qui peut pleurer ici, sauf nous.

Je souris, et raffermis mon étreinte de fer sur mon esprit. Rien n’était figé. However, tout était juste. A sa place.
- Garde les larmes, lui dis-je. Nous les mettrons dans une encre de calligraphie, que nous utiliserons au scriptorium pour mettre en beauté des prières et des images pieuses.

- Oui, et loués soient la Dame et le Seigneur aux Bois.
- Loués soient la Dame et le Seigneur aux Bois.



{3 juillet 2008}   Grandes Illusions et Great Expectations_26 Mars 2006.

L’autre jour, j’ai regardé pour la énième fois la Grande Illusion de Jean Renoir. L’édition DVD, dénichée par l’homme, qui a développé une véritable passion pour ce film. Ce qui ne m’était, bien sûr, pas apparu comme impossible la première fois que je le lui ai fait visionner, créature subtilement démoniaque que je suis.

Je regardais donc avec l’homme ce chef-d’oeuvre du cinéma français, et saluais intérieurement l’audace et la sensibilité nécessaire pour réaliser un tel film. Toujours ce pincement au coeur, cette indescriptible sensation de justesse. La mort de Boieldieu, Rauffenstein coupant la fleur de géranium… C’est d’une précision toute Artistique, ça frappe droit au coeur, comme un coup d’estoc. Après le film, l’homme explore les suppléments. Il n’y en a pas énormément : les bandes-annonces originales, et un petit extrait montrant Jean Renoir parlant de son film.

La bande-annonce originelle de la Grande Illusion dure la bagatelle de 5 ou 6 minutes, dévoile la quasi totalité du film, et occulte totalement la portée philosophique ou politique de l’oeuvre, ne donnant à voir que ses côtés comiques, ses gueules d’acteurs connus, et le fait que “c’est la vraie guerre qu’on montre, inspirée des témoignages de vrais gens qui l’ont vécue en vrai”. Mais on sent déjà la vieille querelle franco-américaine quand on aborde le thème qui fâche : “Voici un film sur la guerre où vous ne verrez ni combats ni espions.” Quelle douce pointe d’ironie dans la voix over, quel délice de désuétude et de chauvinisme savamment dosé.
Le verdict est sans appel : une bande-annonce comme celle-ci, en salles aujourd’hui, serait un véritable désastre commercial.

Qu’est-ce qui change les spectateurs ? Qu’est-ce qui fait qu’on vend un film pour des raisons X en salles, et que, plusieurs décennies plus tard, on vende l’édition DVD pour des raisons Y n’ayant plus rien à voir avec les rasons X qui ont plu au tout premier public ? Ce qu’ils aimaient, visiblement, à l’époque, c’était la déconne, le côté “écoliers dissipés” de tous ces militaires perturbés par l’absence éclatante des femmes, par la guerre qui n’en finit pas, par le fait que finalement, les Allemands sont comme les Français, des hommes normaux, aussi misérables que tout un chacun.
Ce qu’on aime aujourd’hui, c’est la profondeur de cette oeuvre, ce discours accablé disant que la guerre de 14 fut la dernière guerre de “gentlemen”, où perdurait un semblant de rapports chevaleresques entre les hommes. C’est le fait que ce discours arrive en 1936, un peu après l’arrivée d’Hitler au pouvoir. C’est ces tout premiers plans qui hurlent que l’amour est la seule chose qui fait tourner le monde. C’est cette espèce d’ode à la femme qui se dessine avec les personnages de Gretchen et Maréchal. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce film, mais ce qui me préoccupe maintenant, c’est qu’il y avait déjà toutes ces choses dans la Grande Illusion, quand l’oeuvre est sortie en salle.

C’est compliqué, c’est tarabiscoté. C’est ce genre de questions que j’aime me poser, car pour obtenir des réponses il faut souvent aller les chercher dans l’Alcheringa, à la source. Dans l’inconscient collectif des sociétés humaines. C’est passionnant, et ça tombe bien : je suis quelqu’un de passionné.

Le cinéma sonore est un langage en mouvement, une langue vivante. ( Le muet est, oui, devenu une langue morte de l’art cinématographique ). On peut s’attendre à ce que le langage se modifie avec le temps, à ce que de nouveaux mots apparaissent, des expressions idiomatiques parfois. On peut également s’attendre à ce que d’autres tombent en disgrâce et disparaissent peu à peu de la mémoire collective pour devenir des vieilleries fanées, délicatement teintées de ridicule.

Le public occidental moyen est devenu avec le temps une masse impatiente, capricieuse, exigeante et pourrie-gâtée. Il lui faut tout, tout de suite, et surtout pas de profondeur. Les longs panoramiques l’ennuient, il lui faut du tout-cuit, du prêt-à-voir, du rien-à-comprendre. C’est une vision de Sans-Rêve, et cela me met un peu mal à l’aise, quand j’y pense. Cela va avec une certaine conception que les choses ne sont que ce à quoi elles ressemblent, que sous la coquille il n’y a rien.

Combien se rendent compte des rapports serrés qu’entretient le cinéma avec la magie et le chamanisme ? Il y a quelque chose de spécial dans le fait d’aller voir un film en salle, au “cinoche”, comme on dit affectueusement. C’est un lieu où l’on s’installe confortablement dans des sièges moelleux, on s’y musse, on s’y abandonne. On a, plus souvent qu’à son tour, un paquet de pop corns ou de douceurs, nourritures infantilisantes s’il en est, et l’on y puise, à son gré, parfois sans y penser. Puis on se laisse bercer, lumières éteintes, dans une sorte de silence respectueux, passif. Dans une ambiance amniotique, en posture presque foetale d’être nourri, bercé, au chaud, dans le noir, comme dans le ventre d’une mère toute-puissante. Et là, sur un écran blanc, on rêve à une infinité de vies qui ne sont pas la nôtre.
Le parallèle n’est pas anodin. Et il n’est pas anodin non plus que j’en revienne toujours à mes ténébreuses amours : l’Art, l’écriture, le cinéma. Tout cela est lié, il y a des passerelles partout, qui toutes passent, à un moment où à un autre, par le Monde des Rêves.

Un film, c’est un acte de foi qui se questionne, voilà mon point de vue sur la chose. Il faut savoir empoigner ses rêves à bras le corps, et les voir comme des reflets ; saisir en toute occasion la possibilité d’être son propre maître, l’artisan de soi-même. Chaque film a, à la base, la possibilité d’être la réponse à une Quête de Vision chamanique, ensuite, il suffit de savoir se laisser porter par les pistes chantées.

On se chamaille souvent sur la question à la maison, avec l’homme. Cet épineux problème du “suivra-suivra pas”. L’homme râle qu’il veut rester au stade de l’enfant à qui l’on raconte de belles histoires et ne veut surtout pas chercher à développer l’oeil de l’analyste des Rêves. J’essaye de respecter son point de vue, tout en lui faisant comprendre ce qu’il perd à conserver ce genre d’attitude. Et j’essaye aussi de comprendre les raisons qui le poussent à la cultiver.
Je suis une théoricienne du cinéma, j’ai été formée pour cela, et je ne peux pas en mon âme et conscience renier tout ce que cela signifie pour les beaux yeux d’un homme trop naïf et conscient de l’être. Je ne puis, et n’aurai de cesse d’être celle qui analyse, qui décortique, qui voit là où le spectateur lambda ne voit pas. Parce que je ne suis justement pas une spectatrice lambda.

Le Cinéma, c’est deux-tiers de ma vie. Les deux autres tiers, c’est l’Ecriture et l’Art. Tout le reste vient s’insérer timidement dans les rainures laissées par ces trois géants de pierre veinée d’ichor, et rien ne peut prétendre usurper leur place. Me couper la possibilité de chercher dans une oeuvre la métaphysique et l’impalpable qui brûle d’être trouvé, parce qu’on l’a mis là tout exprès, reviendrait à me couper l’oxygène. Et je refuse de croire ( c’est contraire à toute mon intuition, à toute ma formation ! ) que l’essentiel se trouve là uniquement par hasard.
En tant que théoricienne, je conçois que c’est hautement improbable. En tant que cinéaste, je réalise ( dans tous les sens du terme ), que c’et concrètement impossible. J’ai été au feu, j’ai arpenté le terrain. Et j’ai constaté que tout ou presque est programmé, et que ce qui ne l’est pas se programme de soi-même. Bresson parlait d’écouter le film se faire, de comprendre ce qui devait être fait, et de se taire. Il avait mille fois raison. “Pour entendre une réponse il faut d’abord savoir faire le silence”, disait mon Vieux maître.

Un film, c’est un acte de foi pour moi. Et ça s’empoigne, un acte de foi. C’est une envie d’image qu’on fait parler, un beau Rêve qu’on questionne incessamment, jusqu’à ce qu’il se donne au questionneur. Il y a dans les bons films de quoi faire battre mon coeur, et la traîtresse morsure du gel.
Un film c’est la mort en action. C’est un Rêve infini. C’est une myriade de réponses à une kyrielle de questions.

Des passerelles entre les mondes, ceci se résume à cela.



{3 juillet 2008}   Les bateaux gris_18 Juin 2006.

Nous sommes tous les deux, dans cette pièce aux plancher, aux murs et au plafond de bois, ouverte à tous vents, tous les deux au milieu de tous ces gens qui passent, serviteurs et parents, vaquant inlassablement aux préparatifs.
Je le regarde, il me regarde, et je l’aime, grands dieux, je l’aime tant que j’ai mal. Autour de nous, plus rien, rien ne peut être vrai, c’est impossible, tout est pâle et terne, tout est factice. Nous nous aimons trop fort pour que tout ça soit réel.
Des minutes s’écoulent, en silence, avec le bruit des pas de ceux qui, autour de nous, vont et viennent, encore et toujours, nous ignorant peut-être, au nom de ces odieux préparatifs. J’ai mal, j’ai si mal. Je ne puis plus supporter la douleur.

Je me jette dans ses bras, j’entoure de mes mains tremblantes sa taille, j’étreins son dos, je veux me fondre dans son corps. Il me rend mon étreinte, silencieux et accablé, tout aussi désespéré, tandis que je baigne de larmes et de baisers son cou à la peau si douce, si douce… Je lève parfois les yeux pour voir son visage, ses cheveux sombres, ses yeux bridés soulignés de noir.
C’est mon cousin, je l’aime, il m’aime, notre noble famille désapprouve. Ils viennent de le vendre, ô grands dieux, de le donner pour jamais à cette étrangère, cette princesse, cette japonaise, cette fille de la noblesse des îles au Nord. Il ne la connaît pas, elle ne l’a jamais vu, et c’est là qu’il ira perdre sa vie, son amour et son espoir d’ici une heure, peut-être moins, le temps s’écoule si vite… Les bateaux sont déjà prêts, ornés comme pour une fête, et ils ont maquillé et paré mon cousin, mon amour, pour célébrer les noires funérailles de mon coeur. J’ai si mal.
Tout se précipite, il est l’heure, je crois. Et je sens défaillir ma volonté et ma raison.

- Reste là, dit-il, et sa voix n’est pas sûre. Je veux que ce soit toi qui me chausses des souliers de cérémonie. Ces souliers de malheur qui m’emporteront dans les îles du Nord. Moi je ne peux pas, je n’ai plus la force. J’ai peur, Amour, j’ai mal, et je ne puis le faire. Je ne veux pas regarder le sol. Je ne veux regarder que devant moi, m’emplir les yeux, les oreilles et l’esprit du grand vide de l’horizon, du grand bruit de l’océan. Et je voudrais mourir, Amour, sans avoir jamais vu le visage de celle qui m’enlève à toi.
Je pleure, et je tremble, et je lui passe les souliers honnis, ces misérables choses ornées de fils d’or et de pierreries, et qui valent encore moins que la boue et la poussière des chemins. Je commence à être en colère, une sourde colère qui monte de mes entrailles, je voudrais avoir la princesse étrangère devant moi, tout de suite, et lui arracher les yeux. Il me regarde, mon beau cousin, mon bel amour, et il sait.

- En te donnant à elle, je donne mon coeur à tous ces maudits étrangers, que les dieux les dévorent, dis-je, abattue par le désespoir, et ma voix sonne fausse, même ma malédiction n’a aucun poids. Je suis éthérée, je sens les derniers lambeaux de moi-même se dissoudre dans l’air autour de moi.
Il n’y a rien à faire de plus, nous le savons tous les deux. Moi aussi je suis fiancée, nous n’avons pas d’avenir. Nous nous aimons si fort, et nous allons mourir, là, dans cette pièce, où vaquent autour de nous la famille et les serviteurs. Un dernier regard. Nos yeux s’accrochent, refusent de se lâcher. Et soudain, c’est fini. Il quitte la pièce, bien escorté, il s’en va. Il part. Les bateaux sont prêts à prendre le large. Au moment où nos visages se détournent, nous savons tous les deux que ça y est, nous sommes morts. Ils nous ont tués, tous autant qu’ils sont, et nous n’y pouvons rien. Ils ne paieront même pas.

C’était mon rêve de cette nuit, si fort que je me suis réveillée les yeux et les joues baignés de larmes.

Edit de 2008 : Et je le sais, maintenant. C’était prémonitoire.



{3 juillet 2008}   Etre Sorcière_23 Juin 2006

Etre Sorcière, c’est avoir pleinement conscience que, quand on ne peut ni voir, ni toucher, ni entendre, ni sentir, ni goûter, on peut Rêver, et bien plus encore.

Etre Sorcière c’est apprivoiser le temps, ses peurs et ses espoirs.

Etre Sorcière c’est tutoyer les Dieux, et parfois entretenir avec eux des conversations enjouées et pleines d’humour.

L’apparence d’une Sorcière ne reflète que ce qu’elle veut bien que vous voyiez en elle.

Une Sorcière est comme un arbre, arbre des villes ou arbre des champs ; toujours, ses racines puisent profondément dans la terre la stabilité et la force, et son esprit flotte très haut sur les ailes du vent, accueillant l’inspiration et la créativité.

Etre Sorcière, c’est savoir qu’il faut commencer par se guérir soi-même avant de songer à se lancer au secours d’autrui.

Etre Sorcière, c’est se souvenir de choses qu’on n’a jamais apprises, et puiser des savoirs complexes et précieux à des sources auxquelles personne d’autre qu’une Sorcière n’aurait jamais pensé.

Une Sorcière qui ne sait pas maudire, ne sait pas soigner non plus.

Etre Sorcière, c’est n’avoir point de Maître, mais beaucoup de compagnons de route.

Etre Sorcière, c’est être indulgente et tendre, envers soi-même comme envers les autres.

Une Sorcière sait parfaitement lancer des malédictions pleins d’amour et de paix.

Etre Sorcière, c’est être dépositaire de secrets merveilleux que d’aucuns souhaiteraient à jamais enfouis. C’est aussi, parfois, monter la garde devant ses trésors lorsque les opposants se mettent en tête de venir les enterrer tout de suite, et se battre.

Etre Sorcière, c’est se trouver systématiquement au bon endroit, au bon moment.

Etre Sorcière c’est savoir aussi souffrir, et respecter la souffrance.

Etre Sorcière c’est parfois également savoir que la justice est mieux servie quand on sait quand baisser les bras.

Etre Sorcière, c’est parfois gagner en spontanéité et s’étonner de tout, et parfois avoir le privilège douteux de savoir de quoi l’avenir sera fait.

Etre Sorcière, c’est questionner, et recevoir promptement des réponses.

Etre Sorcière, c’est faire les bons souhaits et désirer justement.

Etre Sorcière, c’est se ceindre de la Triple Puissance.

Etre Sorcière, c’est accepter de devenir une navette par laquelle les mains qui tissent la grande toile de l’univers rapprochent les fils et forment les motifs.

Etre Sorcière c’est s’astreindre à la lucidité.

Etre Sorcière, c’est voir clair dans la plus noire des nuits et contempler le Soleil en face.

Etre Sorcière, c’est emprunter des sentiers oubliés depuis longtemps, y trouver la trace de ceux qui les ont foulés avant, et y laisser son chant pour guider ceux qui viendront ensuite…



{3 juillet 2008}   Poème_12 juillet 2006

Ecrit sur un coin de table au bureau, c’est sorti presque tout seul, mais pas aussi facilement que d’autre que j’ai pu écrire. C’est un poème qui sent la lutte, et je ne sais pas tellement si c’est une bonne chose. En tout cas, il vaut ce qu’il vaut, et guère plus.

« Tout est magie ou rien quand on s’aime », disait-Elle
« Rien que de naturel ou de miraculeux
Il n’est pas de question qui soit existentielle
Tout est magie ou rien, quand nous sommes tous les deux. »

Il ne disait plus rien, mais demeurait soucieux
Taraudé par le doute, et la crainte éternelle
De ne survivre point, d’être séparé d’Elle
Se résignant déjà - son cœur se faisait vieux.

Ils s’étaient consumés l’un l’autre dans les blés
Ultime étreinte avant le combat fratricide
C’était fini, déjà, elle le savait lucide
Il mourrait en amant fier et désespéré.

Quelques minutes encor’ le Dieu Cerf espéra
Avant que la Déesse dans ses bras ne soupire
« Les amants se perdront mais l’amour restera
Et la mort n’aura pas d’empire ».

Le début du premier vers est de Novalis.
Les deux derniers vers du poème sont de Dylan Thomas, à la base c’est de l’anglais, “And death shall have no dominion.”

Tout ce qui se situe entre les deux est made in Adryem.



{3 juillet 2008}   Rêve_Silent Hill_3 Octobre 2006

Cette nuit je déambule dans une ville fantôme, nimbée de brumes, où se decoupent ( au scalpel bien sûr ) les silhouettes élancées des Ecorcheurs. Ils sont grands, sveltes et musclés, leur visage est systématiquement recouvert de brouillard feutré, et ils sont tous engoncés dans cette sorte de tablier de boucher ocre qui s’évase à partir de la taille et leur donne un air de sablier anorexique.

Il sont peu nombreux, mais présents régulièrement tout au long de notre marche claudiquante, moi lente et attentive, sans émotion particulière, lui, appuyé contre moi, vieux, hirsute et pas spécialement propre. Chaque mouvement le couvre un peu plus de sang, il y en a de toute façon partout, sur le sol, les murs, dégoulinant des plafonds, surgissant des bouches d’égouts dans un bouillonnement de marmite. Pour une raison ou une autre, que je ne cherche pas à découvrir, je suis exemptée de cette souillure, le sang n’adhère pas sur moi.

Il est aveugle, c’est pour ça qu’il est appuyé sur moi, et que je dois le guider là où il me dit d’avancer dans la ville sourde ( cette surdité des bruits sourds, vous voyez ce que je veux dire, ces bruits blancs qu’on entend sans entendre et qui pourtant remplissent l’oreille, comme un bourdonnement d’électricité qu’on devine à peine, ou un presque-ultrason continu que nous ne pouvons nous empêcher de détecter alors qu’il est pourtant quasiment en dehors de notre champ de perception. Un bruit qui gêne, qui empêche de dormir. Le genre de sons qui incitent à penser ” j’ai juste des sens humains, et c’est très bien comme ça, parce que je n’ai pas envie d’entendre ce son-là dans toute l’étendue de son spectre. )
Je ressens tout cela et pourtant je n’ai pas d’émotions particulières. Je n’ai pas peur. Je suis juste là pour guider ce vieil aveugle, Antigone sereine prêtant à Oedipe sa frêle épaule de jeune fille, et ses jeunes yeux encore alertes.

Ce qu’il cherche, je le devine au fur et à mesure de notre lente équipée dans la cité, au fur et à mesure que j’entends ses sanglots décousus. Nous cheminons et examinons, un par un, tous les cadavres, des cadavres d’enfants, dont l’âge semble s’étendre du nourrisson au gamin de quatre ou cinq ans. Les Ecorcheurs semblent avoir une affection toute professionnelle et un intérêt tout particulier, voire exclusif, pour cette tranche d’âge, ( tranche, quel mot inapproprié quand on parle de dépeçage, l’art de l’Ecorcheur est bien plus subtil et délicat qu’un simple coup de tranchoir ). Il y a aussi d’autres classes d’artisans dans cette cité, les Découpeurs, justement, les Décapiteurs, sortes de Découpeurs plus spécialisés dans les mille et une façons de défaire les tendons, les muscles et les os du cou, en une fois, en plusieurs, avec ou sans torsion, avec lame rouillée ou nette. Il y a les Etripeurs, les Saigneurs, et d’autres encores. Mais les vrais maîtres de ces lieux sont les Ecorcheurs, en nombre nettement supérieur, et dont l’art est si consommé que les techniques des autres, si raffinées soient-elles, semblent pâlir en comparaison.

Le vieillard cherche les restes de sa petite-fille, qui a vraisemblablement croisé la route d’un Décapiteur si j’en juge par cette découverte que nous faisons dans une petite chambre sépia où flotte l’énergie sale du sang séché. Je sais qu’il s’agit d’elle, et je présente le corps de cette enfant de quelques mois à son aïeul qui, au toucher, reconnaît sa descendance. Le vieillard pleure, le cadavre est déjà raide, raide comme le corps d’un baigneur en plastique dur. Nous cherchons la tête - je cherche la tête - et elle n’est pas là.

Je laisse le vieillard pleurer sur le petit lit à ressorts, tout rouillé. Je sais qu’il ne court aucun risque dans cette ville où les artisans n’aiment que les enfants, très jeunes. Il en sortira, même s’il est aveugle. Ils l’ignoreront. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait de la tête et je ne pense pas qu’il la retrouvera.

Je me réveille sur cette pensée.



{3 juillet 2008}   Lament for an Old One_19 octobre 2006

Ce jour-là, nous avons pleuré ensemble, et ce n’étaient pas des larmes de peine, du moins je le crois. Seule comptait l’œuvre, et, si je n’ose dire qu’elle était bonne, au moins puis-je affirmer qu’elle était réussie.
Je me souviens de tes vieilles mains, de ta main gauche au creux de laquelle tombaient nos larmes, de la peau parcheminée de tes doigts, de la dextérité meurtrière encore de ton poignet. Je me souviens aussi de la prise ferme de cette main sur la garde d’une épée, de ta voix qui claquait comme un fouet pour me reprendre quand mes jambes et mes bras répondaient trop tard à tes attaques. Je me souviens de tout, de tout te dis-je.

Tu es venu à moi ce soir-là, c’était en octobre, tu t’es penché sur moi, j’étais étendue sur le carrelage crasseux d’une maison qui n’était pas la mienne, et où tu n’aurais théoriquement jamais dû rentrer. Mais je te connais assez, depuis le temps, pour savoir que tu es capable de forcer tous les barrages s’il t’en prend l’envie. Tu as pourtant toujours respecté mes limites et laissé intactes mes barrières, et de cela, je ne puis que te remercier.
Ce soir-là, tu m’as dit : « Ne lutte pas. Ne fuis pas l’instant. Ce sont les secondes les plus importantes de ton existence, et toi, tu t’en irais ? Tu le sais, pourtant, que tu es une petite abeille ouvrière, et que tu dois rester ignorante de la récolte qui s’annonce grâce à ta contribution. Ne fais pas l’enfant, allons, debout, sois forte, avance dans le noir, et ne mets pas les mains en avant. Avance les yeux fermés, mais fière, la tête haute, et traverse le labyrinthe. Je serai à tes côtés, que tu le veuilles ou non, parce que je suis responsable de toi maintenant. »
Je voyais ma vie s’échapper en maigres filins prêts à rompre, j’étais étendue là et la douleur était si grande que je ne pouvais plus ni bouger ni parler. Tout ce que je pouvais faire, c’était te regarder, il y avait trop de souffrance en moi pour que je cherche à comprendre ce que tu faisais là. Et toi, toi tu récupérais tranquillement les morceaux enfuis de mon être, tu entrelaçais les fils entre tes doigts écartés en tordant juste le poignet, un geste ample et délié. Presque un geste d’escrimeur, déjà.
J’ai dû acquiescer, ou que sais-je. J’ai dormi, et quand je me suis réveillée, tu étais encore là.

Nous avons fait un petit bout de chemin ensemble et j’ai souvent entendu ton rire, plus souvent à mes dépends que je ne l’aurais voulu. Mais je te pardonnais, et te pardonne encore car je sais que tu es un joueur de mots autant qu’un joueur d’épée, et que ces choses-là te sont plus nécessaires que toutes autres. Je t’ai suivi sur tous les sentiers où tu as voulu m’emmener, que ce soient les pistes chantées qui ne s’ouvrent que furtivement, les longs couloirs gris qui mènent aux quartiers des piqueurs de la Chasse Sauvage, ou les circonvolutions sans fin des énigmes qu’il te plaît de semer à la moindre occasion.
Je me suis même habituée à tes phrases compliquées, qui avaient toujours l’air trop exiguës pour les mots que tu y mettais. A tes tournures recherchées qui ne laissaient jamais l’esprit en repos. A tes multiples questions qui n’appelaient pas de réponses, seulement d’autres questions. Aux moments où tu voulais me surprendre, et où tu m’infligeais des heures de verbiage ininterrompu pour mieux t’éclipser soudainement quand j’étais nez à nez devant l’épreuve et que je n’avais que deux fractions de seconde pour réfléchir avant de tout risquer. Si, je te le jure, je m’y suis habituée… Et aussi fou que cela puisse paraître, cela va même me manquer.

Aujourd’hui c’est fini, ou presque. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain, la semaine prochaine au plus tard. Cela fait quelques mois que je sais que tu vas disparaître, et si je l’ai accepté, je ne m’y suis point faite. Toi, tu le prends avec philosophie, et comme d’habitude par l’humour semble-t-il. Mais je te connais et je sais que, tout simplement, tu en as assez. Le poids de ta longue existence te pèse et tu veux partir, après tout ce temps, après tous ces bons et loyaux services qui n’ont pas souvent été agréables à remplir.
Je me souviens de ces nuits où nous partions « faire ce qui devait être fait », et où nous revenions au petit matin trempés jusqu’aux os, sentant à plein nez la mort, des lambeaux de ténèbres encore accrochés à nos cheveux. Ces nuits d’où je revenais sans en revenir, avec des mèches blanches dans la tignasse qui n’y étaient pas la veille et de la poussière de tombes sur mon armure de sorcière. Je rangeais mon long couteau après que tu en aies essuyé la lame d’un revers de main. Avant de me laisser, tu m’adressais un petit sourire en coin et tu clignais de l’œil, comme si ce n’était rien, comme si cela ne te pesait pas, à toi aussi. Puis je te voyais cacher le revers de ta main pour que je ne devine pas que tu t’étais brûlé.
Je te connais, prestidigitateur que tu es. Et aucun geste de toi n’est suffisamment rapide pour m’abuser, maintenant que tu m’as formé à tes petits tours de passe-passe.

Un jour, il y a eu Petit Frère, comme je l’appelle affectueusement. Il n’était pas passé par les mêmes chemins que moi, mais il avait sensiblement le même profil. Une forte propension à la promptitude et à l’innovation. Une irrévérence certaine et un certain mépris pour les règles établies. Une démarche consistant à toujours foncer, quels que soient les risques, et en sautant toutes les étapes usuelles, pour aller droit au but.
C’est à toi que je dois ce petit surnom, d’ailleurs. Droit-au-But. Ca me fait sourire, quand j’y pense.
Petit Frère montrait aussi les prémices de cette précision chirurgicale qui est la marque de fabrique de ceux qui sont passés par ton enseignement. Et bien sûr, ce même côté félin qui t’enchantait chez moi et qui te ressemble tant. Petit Frère avait les griffes longues à l’époque, la gâchette facile, et des crocs bien aiguisés. Tu l’as pris sous ton aile, et depuis ce jour nous avons été trois. Une petite famille pas spécialement rangée, pas forcément modèle, mais unie.

Ton timing est parfait, comme toujours. Tu m’as guidée là où il le fallait, je m’apprête à partir, Petit Frère et moi nous allons vivre à 10 minutes l’un de l’autre, dans le monde matériel, dépositaires d’une fraction si petite de ton expérience immense. Il n’y a pas de hasard, c’est ce que tu m’as appris. Il fallait que ça arrive maintenant, quand tu t’en vas.
Nous avons fait connaissance avec « Elle ». Ce ne sera pas pareil. Je m’isolerai un temps avec Eriktô avant d’apprendre à mieux la connaître, et nous raconterons des histoires qui parlent de toi, installés devant un bon feu de bois qui craque. Du pommier, pour que ça sente bon et que j’aie les yeux qui piquent, j’aurais une bonne excuse sur laquelle me rabattre si je me mets à pleurer.

A Samhain tu seras parti, et je voudrais te dire tant de choses qu’il vaut mieux que je reste silencieuse, parce que si je commence, je risque de ne pas avoir le temps de terminer. Tu me prendrais de vitesse, je te sens faiblir tellement rapidement.
Bon sommeil à toi, Vieux briscard qui n’a jamais eu le loisir de beaucoup dormir. Puisse-tu ne pas rêver, et qu’on te fiche enfin une paix royale, parce que tu la mérites.

Time and Tide wait for no man.
Arroway.



{3 juillet 2008}   Annonce de Diablo III !!!

Voilà. Comment me filer des frissons en deux accords de guitare.
Diablo II… J’ai passé tellement de temps sur ce jeu. Il est associé à toute une période de ma vie, les souvenirs qui lui sont liés me sont chers.

Une vidéo du teaser de meilleur qualité :

Pour moi, le souvenir de Diablo reste à jamais lié à cette musique. Le thème de Tristram, village de sinistre mémoire. Ce son est tout simplement envoûtant, il me replonge dans cette sombre atmosphère de cryptes et de mystère, je suis vraiment nostalgique quand je l’écoute.



{3 juillet 2008}   PvP for dummies



et cetera