Music is most welcome in my house. J’écoute tout, et n’importe quoi, mais certaines choses en particulier éveillent dans mon esprit des songes. Et d’autres choses y produisent des événements cosmiques.
Parmi ces dernières, il y a … Le Stabat Mater de Pergolese, ah, ces voix de rhodocrosithe et de feldspath qui s’entrecroisent et tissent leurs mélancolies et leurs souffrances, se nourrissant l’une l’autre… Pures comme du cristal, dures comme de l’acier. Ce duo me fait fondre, presque autant que des poèmes de Yeats en V.O. Il y a aussi le Requiem de Mozart ( Dies Irae ! Yess ! ). Et le Stabat d’Arvo, évidemment. Ah, la première fois que je l’ai entendu, secrètement, dans mon walkman, j’ai oublié le froid, oublié le fait que je n’avais ni gants ni écharpe, oublié que j’avais encore vingt minutes d’attente avant que mon bus du soir arrive, et je me suis arrêtée de trembler. Au début, les violons m’ont prise au piège, j’ai cru pendant cinq minutes qu’il n’y avait rien à attendre d’autre de ce morceau. Et puis, les voix… Oh, ma Déesse ! Cela m’a prise au coeur et m’a presque cassée en deux. Ce fut soudain, et extatique. Cette musique est traîtresse, elle alterne les vides et les surcharges. Depuis, je m’en méfie, et je ne l’écoute qu’avec la plus grande des circonspections.
Il y a aussi ce Miserere à 9 voix, qui s’est retrouvée par je ne sais quel miracle sur mon baladeur, et dont je suis fort marrie de ne connaître ni l’auteur ni les interprètes. Ce morceau m’a fait pleurer au milieu d’un RER bondé. Quelle voix, mes aïeux, que cette soprano hardie montant à l’assaut des cieux !
La Sarabande de Haendel. Impossible de ne pas penser au cortège funèbre dans Barry Lindon, de Stanley Kubrick. Cette musique me colle des frissons. Et j’aime ça !
Le Kyrie de Fauré. Entêtant, obstiné, avançant droit vers son but sous ses airs de ne pas y toucher.C’est une musique qui fait semblant de reculer pour mieux sauter et vous prendre à la gorge.
Un que je n’aime pas le moins du monde, et qui me filerait presque des boutons, c’est Vivaldi. Son Stabat est misérable et répétitif au possible, ses Quatre saisons sont mièvres, sans saveur, sans la moindre note qui me fasse frémir. Si vous voulez casser une transe entamée par moi sur du classique, mettez-moi le printemps de Vivaldi à fond dans les oreilles. Par contre vous risquez de vous prendre une baffe, et vous l’aurez bien mérité !
Parfois, je me fais plaisir, et je passe deux ou trois heures allongée par terre dans mon salon, dans le doux froissement d’une de mes tenues rituelles ou de ma cape bleue, et je passe du classique en lecture aléatoire sur mon pc. Après avoir soigneusement vérifié qu’aucun morceau de Vivaldi n’y traîne, cela va de soi.
Je suis une femme folle, en vérité, folle de musique à en mourir. Parfois, j’ai l’impression que j’ai de fortes affinités avec ce psychopathe de flic pourri dans Léon, le film de Luc Besson. Ce psychopathe-là, oui, joué par Gary Oldman. Celui qui se shoote à Beethoven. Quant à parler d’Orange Mécanique, de Stanley Kubrick… Ca peut paraître complètement dément, mais quand j’écoute leurs discours incohérents sur la musique, je les comprends. Parce que je les ressens.
Mais il n’y a pas que le classique, loin de là. Musique celtique, musique techno ( enfin, pas toutes, justes celles qui ont “ce truc en plus” qui me fait partir en transe berserker directement ==> ex : Dread Rock, d’Oakenfold, ou Alarma 666. ) Musique métal, aussi. Rhapsody n’a plus le même effet que quand j’ai commencé à en écouter, il y a quelques années, mais c’est toujours intéressant. Marylin Manson, ouais, je m’y mets peut à peu.
Et Nine Inch Nails, j’adoooore !
Je n’ai jamais compris pourquoi mes camarades de classe, de lycée, d’université, n’ont jamais compris pourquoi j’éprouvais une quelconque inclination envers la musique classique. Ils ont essayé de me convaincre que c’était de la musique de vieux, de la musique de ringards. Tout comme ils ont essayé de me détourner de ces loisirs pervers consistant à lire Citadelle, de St Exupéry, ou la Légende des Siècles, de Hugo, dans la cour du collège. Je n’ai jamais compris l’absence de la moindre étincelle d’intérêt dans leurs yeux envers ces merveilles disposées là pour eux, attendant qu’on les trouve.
Aujourd’hui, je suis fort heureuse d’avoir eu ces travers dans mon âge tendre. Et je ne regrette rien. Elitiste, moi ? Sans doute, un peu. Mais veuillez m’excuser, braves gens, j’ai des circonstances atténuantes. Il y a trop de bons auteurs dans ce monde, que ce soit en musique ou en littérature, pour que je ne me brise pas les sens à en savourer les moindres créations.
It must be a illness of some kind, but the fact is, I do love it.